« La dramaturgie de la Parole »
Prémices
Nous vivons dans un contexte artistique et culturel qui n'admet pas qu'un spectacle ou un atelier soit le fait d'une aventure, c’est-à-dire, qu’il ne soit pas conçu à l'avance comme un produit fini.
L’objectif du théâtre n’est pas ce de plaire à tout prix. Il faut avoir le courage de n’est pas être à la mode et même si ce contexte culturel ne sait pas s'intéresser à un travail quotidien d'expérimentation et d'invention, il faut le faire car c’est l’enjeu de l’art théâtral.
Nous ne ferons pas de l'expérimentation par simple goût. Mais, je considère qu’il y a lieu en ce moment de se former à une discipline de travail et de recherche dans le domaine du théâtre. Car pour parler d'aujourd'hui, pour aborder des problématiques dites contemporaines, il faut accepter d'avoir à inventer des démarches de travail, des langages, des rapports gestes-sons qui correspondent à ce dont nous voulons parler.
L’Atelier
Le CITA propose un atelier du travail de l’acteur. Un atelier sur les actions verbales centré sur des textes de Heiner Müller.
Cet atelier cherche à présenter et développer notre manière d’explorer le jeu de l’acteur et la mise en scène d’un texte. Comment composer sa partition vocale, c’est- à- dire, la manière comme le texte va être dit et agit sur scène.
Notre travail cherche, en combinant parole dit et parole chantée, à ouvrir des possibilités nouvelles pour « composer » le texte théâtral.
Il s’agit ici de découvrir les actions verbales du récit, dans les conflits d’idées.
Si l’auteur utilise les dialogues et les monologues pour transmettre ses idées aux spectateurs par l’intermédiaire des personnages, il faut alors pouvoir appréhender la ligne conceptuelle du texte
Dans certains textes de Heiner Müller, tout réside dans les concepts énoncés par les personnages. On se trouve en présence d’un conflit d’idées à l’état pur. La vie des personnages est réduite dans une arrière plain ou n’apparaît pas, l’auteur ne lui donne aucune importance.
Dans ce laboratoire, nous traiterons la matière plastique du verbe Mülleriene. Les mots de Heiner Müller seront considérés comme une matière plasmique, sortes des bombes artisanales où la mémoire, le corps et le souffle tendent à être un.
Pour aborder les textes de Heiner Müller il ne faut pas partir de quelque chose de prêt. Il n’y a pas de prêt-à-porter du texte.
Le jeu se construit à partir du conflit d’idées, de l’analyse du texte par l’action. De comment décomposer le texte pour trouver le noyau autour duquel se développe le conflit du fragment choisi.
Nous travaillerons aussi sur une série de « protocoles corporels » afin que les acteurs puissent traverser des conflits extrêmement violents avec légèreté et dans une situation de calme intérieur, car la passion et la force du jeu ne sont pas à chercher dans un pathos sentimental mais dans les idées qu’ils défendent.
Il s’agit de travailler avec les acteurs afin qu’ils n’incarnent pas des personnages, mais qu’ils défendent des idées et comment ces idées peuvent les animer et les faire agir.
L’atelier sera donc un terrain d’exploration du langage, de la parole. Les mots s’étendent, se détendent et retendent, se déforment et se jouent de nous dans le corps et dans l’espace pour peu à peu devenir image poétique et musique. Nous chercherons ensemble les sonorités qui correspondent à un moment d’effervescence du texte, un scherzo, les moments a-toniques ou de paroxysme.
Chronogramme de l’atelier
Nous travaillerons par cycles de au moins au mois 15h
Une première tranche du travail sera consacrée au :
- Travail rythmique
- La mise en relation du corps à l’espace : travail de contact au sol, prise de conscience de la situation du corps dans l’espace, la marche, l’être debout, la situation assise, la verticalité,
- Le travail sur le poids et sa transformation en dynamique dans le temps et l’espace.
Ensuite nous travaillerons sur la voix :
- Travail technique sur les différents points d’appuis de la voix,
- Le travail sur le souffle, l’improvisation vocale, les résonateurs
- Travail d’action réaction avec un texte,
- Exercices sur le volume, la vitesse et l’amplitude du texte.
Pendant cette période de travail, l’objectif est de donner aux acteurs, provenant d’expériences théâtrales assez différentes, des outils techniques avec lesquels ils puissent pendant le travail se confronter, s’interroger sur la signification de l’Etre et le Paraître de l’acteur.
Progressivement l’atelier initiera un travail spécifique sur certains textes de Müller telles « Mission », « Le retour du Dieu Bonheur », « la Vie de Glundling ».
Nous ferons un travail d’improvisation sur les thèmes dégagés de ces textes.
Pendant le travail d’improvisation nous nous concentrerons sur la relation à l’autre. Comment créer, établir un contact avec l’autre et le développer en travaillant sur des thèmes tels que : agir pour être reconnu, séduire, refuser, attirer, se déguiser, faire semblant. Ainsi que toucher : effleurer, frôler, presser, serrer, caresser, enlacer, tenir, lâcher, regarder, écouter, éviter, porter, peser…Des situations de re-connaissance et représentation du corps vis-à-vis de l’image qu’on donne à l’autre.
Dans cette approche, nous réaliserons une recherche sur la circulation permanente entre plusieurs niveaux de jeu : jouer, ne pas jouer du tout, jouer à jouer.
Les différents cycles de travail serviront de matériaux pour la création d’un spectacle qui sera présenté à la Cité Bleu à Genève pendant « l’Automne du Galpon » (fin octobre 2009).
Lieu de l’Atelier
Atelier aura lieu à la salle de répétition du CITA au 2 rue Vélodrome à Genève
L’atelier est proposé : à tout les professionnels curieux et désireux de développer ses outils de travail.
Prix de l’atelier
600 CHF
Dates du : 19 au 21 mars de 17h à 22h
18 au 21 juin horaires à définir avec les participants
17 au 20 septembre
et 26 au 31 octobre
Formulaire d’inscription
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